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2018 : L’association des Amis de Cazaux-Debat fête ses 10 ans

par amisdecazaux 26 Décembre 2018, 17:48

Elle a été fondée en 2008 par trois personnes : Claude L’Hermite, Jacques Ghirardi et Paul Bouygard, rejoints très vite après par Jean – Bernard Casteran. Le contexte : Paul Bouygard faisait des recherches pour pouvoir rendre retrouver la trace d’un enfant juif passé par Cazaux-Debat et arrêté à Barrancoueu pendant la seconde guerre mondiale. De leur côté, Claude L’Hermite et Jacques Ghirardi souhaitaient retrouver le cimetière dit « des Annamites » pour le réhabiliter. 

Les 10 grandes dates de l’association :

Juillet 2009 :                      première présentation du village

 

Juillet 2010 :                      exposition photos « Vas et viens à Cazaux-Debat, des photos pour témoigner »

 

 

18 mai 2012 :                    inauguration des plaques à la mémoire des Autrichiens et de Georg Hirsch

 

Entre 2008 et 2012, les recherches effectuées par les membres de l’association – Paul Bouygard, Henri Bouygard, Françoise Bouygard, Katherine Labarthe, Jean-Michel Monacelli – et par des habitants des villages de Cazaux-Debat et Barrancoueu – Isabelle Coutens, Charles Ferrou, Jean Compagnet – ont permis de découvrir dans le détail l’histoire des Autrichiens passés par Cazaux – Débat, celle de Georg Hirsch, l’enfant arrêté à Barrancoueu. Rapidement, l’idée de rendre hommage à ces résistants et victime de la barbarie nazie c’est fait jour. Par les contacts pris avec le DÖW, le centre de documentation de la résistance antinazie autrichienne -laquelle, soit dit en passant, a été conséquente, comme celle des Allemands aux Nazisme- et par l’Ambassade d’Autriche en France, la République d’Autriche a accepté de prendre à sa charge la totalité de la réalisation des deux plaques, celle de Cazaux – Debat et celle de Barrancoueu, sur présentation du projet et des devis, soit environ 3500 €.  

Les plaques furent inaugurées en présence d’une représentante de la République d’Autriche, des descendant des personnes qui avaient recueilli Georg Hirsch à Amiens, après son arrestation à Cazaux Debat (et qui furent assassinés avec lui), et de la demi-sœur de Georg Hirsch.   

31 juillet 2012 : opération « un village un chemin » retransmise sur France 3

 

 

22 juin 2013 :                    inauguration de la stèle  à la mémoire des travailleurs coloniaux vietnamiens

Claude L’Hermite avait eu vent d’une histoire de travailleurs viêtnamiens décédé de la grippe à Cazaux Debat. Cherchant leur sépulture, il constata qu’elles avaient disparues et avaient été oubliées. Son ami Christian Lebraud alla consulter les archives des Hôpitaux militaires, à Limoges, puis les archives détenues au château de Vincennes. Tout ce travail permit d’identifier les ouvrier coloniaux vietnamiens, de reconstituer les circonstances de leur décès et le lieu où ils étaient inhumés. Nous avons également pu compter sur l’aide d’un jeune chercheur de l’université de Pau, Olivier Dussaut – Nebout, qui a réalisé son mémoire sur les travailleurs vietnamiens dans les Hautes-Pyrénées pendant la première guerre mondiale, et qui a bien voulu nous confier ses travaux.L’emplacement du « cimetière des Annamites », à la Prade, a pu être déterminé sur la foi des indications données par Charles Ferrou, l’ancien maire de Cazaux-Debat. Les sépultures avaient été entièrement détruites par l’absence d’entretien et les travaux forestiers menés dans le secteur. Nous nous sommes mis en tête de faire réaliser un monument pour rendre hommages aux 19 travailleurs morts à cet endroit. Finalement, nous nous sommes arrêtés à la réalisation d’une plaque en lave émaillée enchâssée dans une  stèle de 2 mètres de haut, en béton. Pour le financement du projet, nous avons pu compter sur le soutien indéfectible du député de la circonscription, Monsieur Pierre Forgues, qui mit à notre disposition la réserve parlementaire aujourd’hui disparue suite aux résultats des dernières élections. Les fonds parlementaires ne pouvant financer que 50% du projet soit la construction de la stèle, réalisée par la société Deltaplast, et sa mise en place réalisée en régie par la commune, il nous fallut trouver le soutien de plusieurs financeurs publics : l’ONAC-VG, le Département des Hautes Pyrénées apportèrent  une contribution suffisante, pour la réalisation du projet. La communauté de communes et en particulier son directeur général facilitèrent l’articulation des différents acteurs.

Le jour de l’inauguration, la République Démocratique du Vietnam était représentée. Toutefois, le député de la circonscription, Monsieur Glavany, et le Président du Conseil Départemental, Monsieur Pélieu, pourtant tous les deux investis dans le projet, ne purent être présents, retenu par la visite de plusieurs ministres venus constaté les dégâts causés ce même jour par des crues dévastatrices.  Monsieur Pierre Forgues repris du service pour l’inauguration de cette stèle qui n’aurait pas vu le jour sans sa volonté.

8 octobre 2013 :              Andrée Monacelli et Gaby Fisse, justes parmi les nations

 

23 août 2014 :                  manifestation en lien avec la publication du livre « les bucherons de Cazaux- Debat »

 

 

21 juin 2015 :                    Journée du patrimoine et des moulins ; les Montespan dans le Louron, à Bordères Louron

12 octobre 2016 :            reportage sur France 3 consacré aux travailleurs coloniaux vietnamiens

 

16 mars 2018 :                        visite du Pla Dero Croua, oppidum de l’âge de bronze

 

Le 16 mars 2018, nous avons visité le Pla Dero Croua, au bout de la crête qui descend de Ris et sépare le Louron de la vallée de Bareilles. Cette visite était organisée avec Monsieur Vinco, professeur d’histoire et archéologue à l’université de Toulouse le Mirail. Il a mis en évidence les restes d’un habit protohistorique sur ce plateau, et peut être au-delà, qui daterait selon ses premières constatations d’environ 8000 avant notre ère, au temps de l’âge de Bronze. Le village devait abriter peut être 200 habitants, vivant de l’agriculture et de l’élevage. Il reste un talus qui délimite l’extérieur du camp, et une rampe en pierre, en partie détruite mais bien conservée à sa base, côté ouest, ainsi que des restes très éclatées de céramiques.

Ce type de site, aussi bien préservé, est très rare, en particulier dans les Pyrénées centrales. Une première campagne de fouille permettrait de le dater avec plus de précision.

Une telle démarche permettrait donc de mieux connaitre, à partir de ce site, tout un pan d'histoire locale jusque-là méconnu, mais aussi sans doute au-delà, avant de l'approfondir dans les années à venir. 

Cette première opération nécessiterait une intervention légère : une dizaine d'étudiants et leur professeur, pour une dizaine de jours, avec une prise en charge par l'Université. Elle pourrait être envisagée pour 2020, compte tenu des délais d'instruction des projets et du calendrier des études scientifiques déjà en cours. Il resterait à la charge des partenaires le logement des étudiants. Ensuite, d’autres campagnes de fouilles, beaucoup plus complètes, pourraient être entreprises en fonction de la volonté des pouvoirs publics à de valoriser ce pan d’histoire locale.

Notre visite n’a pas échappé à la sagacité d’Anne Billard, journaliste à la Dépêche du Midi : un bel article sur le sujet a été publié par la Dépêche dans son édition du 25 août 2018. 

L'amorce d'une rampe en pierre pour atteindre le sommet du Pla Dero Croua

L'amorce d'une rampe en pierre pour atteindre le sommet du Pla Dero Croua

Le blog

 83 articles ont été publiés depuis la création du blog, le premier en juillet 2011. Outre les articles sur les Autrichiens et les Annamites, la plupart des articles ont traités de l’histoire du village, depuis les temps antiques jusque à la guerre de 1914-1918 vécue par les habitants de Cazaux- Debat. Une série d’articles a été consacré à la famille Bégué en particulier à son dernier membre, Jean Bégué. D’autres ont raconté l’histoire des Rey, et à travers cette famille, comment l’instruction publique est arrivée à Cazaux –Debat.  D’autres racontent, à travers des lettres que nous a confiées la famille Morane, l’émigration au Chili des frères Carrère. Enfin, une série d’articles sont consacré aux Montespan, la puissante famille qui a eu notamment en apanage la vallée du Louron, au moins dans sa partie basse.

Une série d’articles porte sur une quarantaine de lieux situés à la même latitude que Cazaux – Debat : 42°53 de latitude nord, de Montségur en Ariège à   Accous dans les Pyrénées atlantiques, en passant par le Cap Corse, l’Italie, les Balkans, la Bulgarie, la Géorgie, la Russie, le Kazakhstan, la Chine du nord, la Mongolie du sud, la Sibérie russe, le nord du Japon, le nord des Etats-Unis et le sud du Canada, Finistèra et Saint Jacques de Compostelle, en Espagne. 

 

Le blog a été vu par 37000 personnes à ce jour, pour plus de 60 000 pages vues. Il est un élément essentiel pour l’association, pour la crédibilité de ce que nous entreprenons – même si quelques articles mériteraient une relecture au vu d’informations plus récentes et plus justes. 

 

Le bulletin

 

L’association publie chaque année un bulletin (2 la première année, avant la création du blog). Le bulletin fait le bilan de l’année, présente les projets et un dossier. Le bulletin est fait essentiellement pour les membres de l’association qui n’utilisent pas Internet et n’ont pas d’adresse mail. Pour les autres, il est diffusé par mail. C’est pourquoi, le thème ou le dossier traité dans le bulletin est, soit issue d’un article du blog, soit devient un article du blog.

 

Les recherches initiées

 Pour aboutir à l’écriture des articles du bulletin ou du blog, nous avons utilisé quatre sources classiques : les archives départementales, sur site et de plus en plus par Internet, des sites internet en particulier celui du CEDAS, des documents en possession des particuliers (photos, lettres, etc.), des témoignages oraux et des souvenirs personnels.

Les rencontres

Une association comme la nôtre est bien sûr d’abord une suite de rencontres très diverses de personnes, de personnalités, de personnages. A travers les histoires, les biographies du bulletin ou du blog,  nous vous contons la vie ou les histoires de personnes généralement décédées : c’est plus simple et les risques de contestation sont réduits (quoi que). Parmi les gens de l’association, les gens croisés dans la conduite de nos différents projets, nous avons eu la chance et le bonheur de rencontrer des personnes très diverses qui toutes, à moment donné se penchent et s’intéresse à cette minuscule crotte de mouche sur une carte  d’état-major qu’est la commune de Cazaux-Debat.

 L’association, c’est aussi un réseau tissé avec les institutionnels, la commune, l’intercommunalité, le département des Hautes Pyrénées, l’ONAC, le collège d’Arreau, les archives, l’université de Toulouse le Mirail avec les associations en premier lieu Mémoire des Vallées et aussi des associations de Vietnamiens, d’Autrichiens, le Pays d’art et d’histoire.    

Environ 90 personnes sont membres ou ont adhéré à un moment donné à l’association. Parmi elles, trois nous ont quittés et leur décès laisse un grand vide.

 

Bernadette Cuilhé, née Davezan, était issue d’une vieille famille de Cazaux. Elle était née le 2 septembre 1937 à Cazaux-Debat. Sa famille, les Davezan, était l'une des plus anciennes et des plus illustres du village. Un Davezan avait été maire pendant la seconde République, entre 1848 et 1851. Son père, Prosper Davezan, avait été rappelé pour la guerre de 14-18 à près de 45 ans. Il s'était marié à son retour et avait eu 5 enfants : Louis, Jean, Marinette, Léonie et Louise, dite Bernadette. Prosper Davezan est décédé en 1949, alors que Bernadette n'avait que 12 ans. Elle réussit le concours des PTT et épousa en 1955 Pierrot Cuilhé. Elle eut un fils, Simon, puis une fille, Evelyne. Elle eu une petite-fille, Marine. Malgré la maladie, elle s'intéressait toujours à son village natal. Elle était toujours présente à nos réunions et à nos manifestations ces dernières années, cherchant toujours à découvrir de nouveaux éléments sur l’histoire du village. Elle est décédée cet été, le jour où elle avait prévu de se rendre à Cazaux pour notre assemblée  annuelle.

Jean Marchio était une figure de Cazaux-Debat, où il avait acquis une résidence secondaire au-dessus du village il y a bien longtemps. Arrivé au temps où le village était encore composé des vieilles familles originales, il avait réussi à faire le plus difficile dans le rude milieu campagnard : se faire admettre. Instituteur dans le Lot et Garonne, sa force de conviction était telle qu’une de ses anciennes élèves a acquis à son tour  l’ancienne étable du curé du village pour en faire sa résidence secondaire. La famille Marchio  est toujours présente  dans l’association.

 

 

Jean Marchio en famille

Jean Marchio en famille

Michel Giron, architecte de Sarrancolin, avait eu un rôle important dans la reconnaissance architecturale des églises du Louron. Il avait adhéré à notre association après avoir guidé une visite architecturale du village en août 2016, pour le Pays d’art et d’histoire

Michel Giron

Michel Giron

L’avenir

 

Afin de pouvoir en 2028 fêter les 20 ans de l’association des amis de Cazaux –Debat, nous avons des projets :   

  • Le projet de fouilles au Pla Dero Croua, évoqué ci-dessus.
  • Le chemin de Jezeau, qui consiste à rendre fréquentable sur toute sa longueur le chemin qui part de la croix de Jezeau et débouche au pont de Cazaux –Debat.
  • Le projet sur l’enfance, qui fera l'objet du prochain article 
  • Le projet latitude : à partir de la première étape réalisée, le tour du monde en 40 étapes, il y a la matière à tisser des liens avec des gens issus de pays très différents simplement reliés par le fil invisible de la latitude. 

 

  • La page Wikipedia qui faisait partie des premiers projets à mener, apparemment le plus simple…
  • L’église : les peintures du XVIeme siècle recouvertes plus tard méritent d’être redécouvertes, au sens propre comme au figuré, comme cela a été fait dans les autres églises du Louron. Ce projet est d’abord un projet à mener par la municipalité, l’entretien de l’église étant à la charge de la commune.
  • Les thermes : c’est le projet d’un adhérent, qu’il faut porter : voir comment relier  les différents thermes de la vallée (Cadéac, les bains de Cazaux, Loudenvielle)
  • Les liens avec les  villages voisins : Ris, Bordères-Louron, Ilhan, Lançon, Gouau, Arreau. Comme nous avons fait une conférence à Bordères-Louron, sur le thème des Montespan, d’autres initiatives pourraient être envisagées, en particulier avec Ris, du fait de l’histoire commune des deux villages, et aussi avec Bordères, Lançon, Gouau…

 Conclusion

Notre association a été créée alors que les dernières familles fondatrices du village tournaient la page. Elle s’est inscrite dans une démarche simple : à partir des racines, de l’histoire, des traces laissées par les générations passées, mener des projets pour y inclure les générations nouvelles sans lien, si ce n’est géographique, avec ceux qui les ont précédés là. Parce qu’un village a une histoire, une âme, un souffle. Comme nous le montre les restes du Pla Dros Croua, c’est le témoignage respectable d’une civilisation.

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