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Les Autrichiens de Cazaux-Debat - troisième partie : madame Monacelli

par amisdecazaux 21 Avril 2012, 15:55 les Autrichiens de Cazaux-Debat

Elle s’appelait Jeanne Fourasté, mais elle était connue par son second prénom, Andrée. Son père était boulanger à Arreau et son frère aîné était le directeur de l’école d’Arreau.

 

Au début des années 1930, elle avait intégré l’école normale, à Tarbes. Elle s’était liée d’amitié avec Gabrielle Fisse, également de la vallée d’Aure, et Madeleine Ducay, de Labarthe de Neste.

 

Institutrice à Cazaux-Debat

 

ecole-de-Cazaux-Debat-1936-copie-1.jpg

Les écoliers de Cazaux-Debat en 1936

 

Elle avait occupé plusieurs postes d’institutrice avant d’arriver en 1939 ou 1940 à Cazaux-Debat. C’était une classe unique. Les enfants étaient issus de deux famille nombreuses : Jeanne, Hélène et Maïtou Lacaze, Bernadette Davezan, les enfants du maire, Pierre Ferrou : Yves et Colette. L’aîné, Charles, avait fini ses études. Il devait y avoir quelques autres enfants, peu nombreux.

 

Tous et toutes se souviennent de Mademoiselle Fourasté. Bien des années après, ils en parlaient avec beaucoup de déférence, mêlée de crainte.

 

Mademoiselle Fourasté était logée à Cazaux-Debat, à l’ancien presbytère. Une salle, au rez-de-chaussée,  était la salle de classe. L’appartement du dessus, l’ancien logement du curé du temps très ancien où Cazaux-Debat abritait un prêtre, était désormais son logement. Le crucifix était resté fixé au manteau de la cheminée. Sur le conduit extérieur de la cheminée, l’artisan qui avait refait le crépi avait gravé les trois lettres : A B C. L’école se voyait de loin. De l’autre côté de la cour, il y avait une bergerie appartenant à la famille Ferrou, comme la grange qui se trouvait en face du portail d’entrée. Les principaux voisins de l’institutrice étaient donc la famille Ferrou.

 

Cazaux-Debat était un village sans artisan et sans commerce. La vie sociale était donc faite de rencontres chez les uns et les autres, entre habitants. L’institutrice, une dame d’Arreau, ne devait pas être trop intégrée à la population. Hormis les Ferrou et madame Rey, institutrice à la retraite qui habitait à l’entrée du village. Elle était veuve, ses deux enfants habitaient l’un dans la région parisienne et  l’autre dans le Lot-et-Garonne. Ses petits enfants avaient passé quelques semaines en classe avec  Mademoiselle Fourasté, en 1941. Madame Rey vivait de sa retraite d’institutrice. Elle habitait une grande maison, largement ouverte vers le sud, et possédait trois autres maisons dans le village, ainsi qu’une grande remise à bois à La Prade. Mais son mari, Louis Rey,  qui était entrepreneur et possédait une scierie était décédé en 1927 après avoir cédé sa scierie. Il avait hérité de deux maisons du village, en contrepartie de l’aide apportée aux familles, comme cela se pratiquait alors, en l’absence de système de retraite. On cédait son habitation à celui qui vous aidait dans sa vieillesse. La maison « d’en haut », située derrière la mairie, hébergeait Bertrande Lacaze, et l’autre, en dessous, était vide.

 

L’évacuation de la poche de Bielsa d’avril à juin 1938 avait constitué un évènement particulièrement marquant pour les habitants des vallées d’Aure et du bas Louron. 

 

http://cirquedebarrosa.free.fr/phexodebolsa.htm

 

Assiégés dans la vallée de Bielsa, la 43ème division républicaine, commandée par Antonio Beltran, réussit à évacuer 7300 de ses 8000 combattants par le port vieux et le port de Rioumajou, ainsi que plusieurs milliers de civils et un troupeau de milliers de vaches, de chevaux et de moutons. La population de la vallée d’Aure fit un effort considérable pour recevoir pendant plusieurs jours cet afflux de réfugiés, qui avaient franchi les cols au mois d’avril, dans la neige. Cet effort était encadré et soutenu par des organisations internationales pour les réfugiés, par la CGT et par l’évêque de Lourdes. Ce dernier mis les ambulances de Lourdes à disposition des réfugiés.

 

Il avait fallu loger tous ces réfugiés partout où il y avait de la place disponible, nourrir les personnes, trouver des solutions pour nourrir l’énorme troupeau. Les réfugiés ont été rapidement évacués soit vers l’Ouest et le Pays basque pour ceux qui désiraient rentrer en Espagne, soit vers l’Est et la catalogne pour les plus nombreux, ceux qui voulaient poursuivre le combat. 

 

http://www.aure-sobrarbe.net/passage-des-republicains-espagnols-en-vallee-daure-1938


A cette occasion, des réseaux relationnels d’entraide se sont constitués, qui ont permis la constitution de filières d’évasion par la vallée d’Aure dès 1940. L’engagement de mademoiselle Fourasté et de ses amies, leurs liens avec les milieux médicaux républicains a dû se créer à ce moment là, dans ces circonstances exceptionnelles où les personnes dotées d’esprit de décision trouvèrent à s’employer.

 

Les Autrichiens


En 1940, la France est vaincue. Les Pyrénées centrales sont en zone libre et constitue un lieu de passage pour tous ceux qui, en fuite ou pour rejoindre l’Angleterre ou la France libre, veulent gagner l’Espagne. Mademoiselle Fourasté rencontre régulièrement son amie, Gaby Fisse, institutrice à Barrancoueu. Le village de Barrancoueu, dans la vallée d’Aure, est distant de six kilomètres, une distance qui se parcourt alors aisément à pied. 


Gaby Fisse lui apprend qu’un groupe d’Autrichiens est arrivé à Barrancoueu. Pour survivre, ils abattent des arbres et fabriquent du charbon de bois. Les deux amies décident de les aider. Ainsi, mademoiselle Fourasté leur fournit du pain, et se débrouille pour que le couple qui attend un heureux évènement pour le début de l’année 1941 puisse être hébergé à Arreau. C’est le docteur Mounicq, d’Arreau qui procède à l’accouchement.


Les Autrichiens ont fini d’exploiter la forêt de Barrancoueu. Ils doivent justement aller exploiter celle de Cazaux-Debat. Madame Rey, une personne de confiance, accepte d’héberger les Autrichiens dans la maison inoccupée, au centre du village. En contrepartie, ils rentreront le bois en l'absence de Jean Bégué, son ancien élève prisonnier de guerre, et monsieur Spiegel donnera des leçons d’allemand à l’un de ses petits-fils qui vient d’entrer au lycée.


Les Autrichiens sont très discrets. Toutefois, ils ont besoin d’être aidés dans la France de Vichy. Le maire, Pierrecontrat-de-travail-Gradl.jpg Ferrou, leur permet d’avoir des papiers en règle. Grâce à lui, ils obtiennent des tickets de rationnement indispensable pour pouvoir manger durant ces années noires. Les institutrices sont impressionnées par la détermination et l’organisation de ce groupe de communistes autrichiens qui combattent contre le fascisme et le nazisme depuis 1934. Mademoiselle Fourasté sympathise avec l’un des responsables du groupe, qui s’appelle Josef Meisel. En 1942, ce dernier confie à mademoiselle Fourasté une mission : elle doit se rendre à Bordeaux, ville située en zone occupée, pour lui louer un appartement. Josef Meisel est en effet chargé de coordonner dans la région bordelaise l’implantation de réseau de résistants pour le compte de la résistance autrichienne en France, en étroite liaison avec le mouvement créé par le Parti communiste français avant la guerre : la Main d’œuvre immigrées (MOI). Il s’agit là d’un acte de résistance au profit d’une personne particulièrement menacé en tant qu’autrichien antinazi, communiste et juif. C’est une mission de confiance.


En septembre 1942, elle retourne à Bordeaux : elle doit aller chercher à la demande du groupe un enfant dont le père vient d’être arrêté : il s’appelle Georg Hirsch. De retour à Cazaux-Debat, elle doit organiser l’hospitalisation de l’une des membres du groupe, Martha Guttmann. Cette dernière souffre de la polio et son mal s’aggrave. Pour cela, André Fourasté peut compter sur un réseau : le docteur Marquié, de Sarrancolin, le docteur Baratgin à Lannemezan, le directeur de l’hôpital de Tarbes, Marcel Billières et le maire de Tarbes, Maurice Trelut. Toutes ces personnes et d’autres encore à la Préfecture ou dans les hôpitaux, aident les étrangers en danger. Et il y son amie, Madeleine Ducay à Labarthe de Neste. Par ce réseau, Martha Guttmann peut être soignée à l‘hôpital de Tarbes où elle décède le 7 octobre 1942. Elle est enterrée au cimetière de la ville.


En novembre 1942, la zone libre est envahie par l’armée allemande. Désormais, les vallées pyrénéennes sont en zone dite « interdite ». Il devient difficile d’y entrer et d’en sortir. Les allemands installent souvent un point de contrôle au pont de Cazaux…


Les uns après les autres, le groupe commence à quitter les Pyrénées. L’un d’entre eux, Richard Sehr, pose problème : il n’arrive pas à apprendre le Français. Il est donc décidé de réactiver le réseau, et il va passer quelques temps à l’asile d’aliénés de Lannemezan, le temps pour ses camarades de lui trouver un point de chute dans un maquis, en Savoie.


En février 1943, il ne reste plus du groupe d’Autrichiens à Cazaux-Debat que Georg Hirsch. Mademoiselle Fourasté décide de le confier à son amie, Gaby Fisse, à Barrancoueu.


Le samedi 29 juin 1943, Gaby Fisse et Georg Hirsch sont arrêtés. Alerté, le docteur Marquié, lui-même menacé, essaye de convaincre Andrée Fourasté de venir avec lui en Espagne. Mais Mademoiselle Fourasté craint des représailles pour sa famille. Et le lundi 31 mai 1943, elle est à son tour arrêtée. 

 

La déportation d’Andrée Fourasté


Jeanne Fourasté a été amenée en voiture  à Tarbes, où elle est restée jusqu’au 2 juin 1943. De là, elle est transférée à Amiens, avec Gaby Fisse, si on en croit le rapport de l’inspecteur Talazac. Elle reste à Amiens jusqu’au 11 septembre 1943. Les allemands ont du prendre le temps de la confronter avec Irma Hirsch.


Elle est transférée au fort  de Romainville, dans la région parisienne. On lui affecte le matricule 3289. A cette époque, le fort sert de camp d’internement à des prisonniers juifs, communistes ou de personnes les ayant aidés. Jeanne Fourasté correspond à cette définition.  Les détenus du fort sont en sursis. Ainsi, en octobre 1943, 50 otages en provenance du fort de Romainville sont fusillés au Mont Valérien en représailles de l’attentat qui coûte la vie à Julius Ritter, le responsable allemand du service de la main-d’oeuvre en France. Mais la politique répressive allemande change à ce moment là : constatant que la politique des exécutions d’otages braque la population contre eux, elle évolue vers la pratique de la déportation sans jugement dans le Reich. C’est l’application de la procédure « Nuit et Brouillard » : elle prévoit le secret et un hypothétique procès dans le Reich.

 

Le 26 octobre 1943 Jeanne Fourasté est transférée à Compiègne. Plus de 54 000 Juifs, résistants, militants syndicaux et politiques, civils raflés, y ont été internés. 50 000 d'entre eux ont été déportés dans les camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz, Ravensbrück, Buchenwald, Dachau, Sachsenhausen, Mauthausen, Neuengamme. Le Frontstalag 122 s'est caractérisé notamment par l'internement et la déportation des « politiques » et personnalités « otages » : communistes, syndicalistes, résistants et civils. Le « camp C », ou le camp juif, tenu au secret, était déjà, vu les conditions d'internement qui y régnaient, un lieu d'extermination par la faim et la maladie. Il y avait également des droits communs, voire même des prostituées envoyées là pour avoir contaminé les troupes d’occupation (du moins, une partie d’entre elles) par des maladies vénériennes.

 

Desciption du camp de Compiègne :

http://kafar33.free.fr/Compiegne.htm

 

Jeanne Fourasté resta trois mois dans ce camp, avant d’être déportée à Ravensbrück. Elle avait le matricule 27142.
Au début de l'année 1939, 500 détenus avaient été amenés de Sachsenhausen par les S.S. pour construire, près du lac de Furstenberg, dans le Mecklembourg, un camp de concentration pour femmes : Ravensbrück. L’endroit est surnommé « la petite Sibérie mecklembourgeoise ». De 1939 à 1945, 150 000 femmes de 23 nationalités différentes y ont été immatriculées. A trois reprises, le camp s'agrandit. Terrassement et transport des matériaux sont assurés par les détenues qui travaillent aussi pour l'industrie de guerre, en particulier pour l'entreprise Siemens et les ateliers de l'Industriehof.


Au camp central sont rattachés de nombreux Kommandos extérieurs répartis dans toute l'Allemagne. Certains, très importants, comptaient jusqu'à 10 000 détenues, De plus, les camps de Sachsenhausen, Buchenwald, Mauthausen, Dachau et Flossenburg faisaient appel à la main-d'œuvre féminine de Ravensbrück pour les besoins de leurs Kommandos.


Ravensbrück ne connut pas seulement la mort lente par épuisement et maladie. Les S.S. y utilisèrent toutes les techniques de l'extermination : fusillade, empoisonnement par piqûres, chambre à gaz.


Des expériences médicales criminelles furent également pratiqués sur les femmes et les enfants. Quand les victimes ne succombaient pas, elles restaient mutilées pour la vie. 92000 femmes furent assassinées à Ravensbrück.

 

Survivre à Ravensbrück : témoignage de Jacqueline Péry d'Alincourt (juin 1999) :

http://larochebrochard.free.fr/perydalincourt.htm


Le 1er août 1944, Jeanne Fourasté est transférée à Zwodau où elle a le matricule 51797.


 Zwodau (aujourd'hui Svatava) est une petite bourgade en Tchécoslovaquie occupée, aux environs de Karlsbad (Karlovy Vary). En général, c'est à la demande d'un industriel ou d'un entrepreneur allemand, qu'un atelier, un chantier, sont installés dans un hangar, une bâtisse quelconque, un tunnel, suivant les ressources des lieux. Ici, c'est une usine de tissage qui est devenue un atelier Siemens (fabrication de pièces de moteurs d'avions).


C’est un petit camp : il comprend trois blocs d’habitations, chaque bloc pouvant accueillir 300 personnes. Une clôture en barbelés électrifiée et un mirador d’angle suffisent pour une surveillance générale. Le camp est une annexe de Ravensbrück. La mortalité y était moins importante, en premier lieu parce qu’il s’agissait de travailler pour l’industrie de guerre. Les personnes âgées en étaient exclues. Les détenues avaient généralement entre 18 et 40 ans, elles étaient donc plus résistantes.


 Les vêtements sont ceux qui ont été remis aux détenues à Ravensbrück. En octobre, elles troquent la robe légère contre une rayée, plus épaisse. En décembre, enfin, un léger tricot et un manteau les protégent un peu du froid: la température est descendue jusqu'à -20° en hiver. Ces vêtements provenaient de femmes déportées en camp d’extermination.


La journée au camp : lever à 4 heures du matin, toilette et entretien de la paillasse, distribution du liquide pour le déjeuner ; 5 heures à 5H45, appel dehors ; Ensuite, les détenues partent à l’usine, en rang, ou restent au camp pour différentes corvées, les moins fatigantes étant réservées aux « droits communs ». 12 heure : soupe. Elle est distribuée par une détenue de droit commun, qui peut ainsi sélectionner les meilleurs morceaux, au fond de la soupière. Puis retour au travail jusqu’à 18 heures. Ensuite, un moment de détente pour la toilette ou laver son linge : chaque détenue n’a qu’une tenue, et doit remettre le linge mouillé sur elle. Ensuite, de 19 heures à 21 heures, l’appel qui dure autant que le souhaitent les SS (des femmes, également). 21 heure : repas, soit 200 grammes de pain. Ensuite, les détenues se couchent, à deux par paillasse. Elles ont passé entre 16 et 17 heures debout. La nuit, il faut éviter les vols de chaussure ou de gamelles, et prévoir d’aller aux toilettes pour éviter la cohue du matin. Elle peut être interrompue pour un appel improvisé, une fouille…


La semaine dite « de nuit » (celle où les déportées travaillaient la nuit) commençait le lundi à 18 heures et se terminait le dimanche matin. Les détenues  ne pouvaient dormir que deux heures, du fait des corvées, rassemblement, etc.


Il va de soit que ce type de traitement ne permettait pas d’obtenir un rendement élevé pour l’industrie de guerre allemande, sans même tenir compte des sabotages qui pouvait être effectués par les prisonniers, déportés ou les ouvriers du STO. Pendant que leurs adversaires britanniques, américains et soviétiques bénéficient d’une main d’œuvre particulièrement motivée à produire vite et bien pour l’industrie de guerre, les nazis ont recours à de la main-d’oeuvre servile : à la fin de la guerre, la qualité du matériel le plus basique c’en est ressentie…  


La libération ne s'opéra pas de la même façon pour toutes les survivantes de Ravensbrück et de ses Kommandos. A partir d'avril 1945, la Croix-Rouge internationale organisa des échanges par la Suisse. D'autres furent soumises à des marches terribles. Plusieurs milliers aboutirent finalement à Bergen-Belsen, à Mauthausen, ou, comme les déportées de Zwodau, aux confins de la Tchécoslovaquie. Certaines réussirent à fuir, comme ce groupe de Françaises du Kommando de Neubrandebourg évadées d'une colonne aux environs de Waren.

 

 Pendant les derniers jours, le camp de Ravensbrück connut un désordre incroyable. Lorsque les troupes soviétiques y pénétrèrent, le 30 avril 1945, elles ne trouvèrent qu'un petit nombre de femmes, et dans le camp qui leur était réservé, 400 hommes complètement épuisés. A leur arrivée les alliés durent creuser une fosse commune pour y enfouir des dizaines de milliers de corps.

 

survivants-du-camp-de-concentration-de-Ravensbruck--mai-19.jpgSurvivantes du camp de concentration de Ravensbrück mai 1945


Jeanne Fourasté fut libérée le 7 avril 1945 ; Blessée à la cheville et attardée, elle dut son salut à des passants qui l’amenèrent à l’hôpital où se trouvait la Croix Rouge. Là, elle fut soignée et surtout, alimentée dans de bonnes conditions. Beaucoup de détenues moururent d’indigestion.

 

Madame Monacelli


Quand elle rentre en France, le pays a bien changé : la guerre est passée dans les Hautes Pyrénées.

 

Le maire de Tarbes, Maurice Trélut, est mort en déportation. Le 20 août 1944, le département des Hautes-Pyrénées a été libéré totalement après des combats parfois violents. Les représailles allemandes sur les populations civiles ont fait 78 morts et 50 blessés dans les trois derniers mois. Le 11 juin 1944, 62 civils, hommes, femmes, enfants vieillards, ont été tués à Bagnères de Bigorre et dans les villages Pouzac et Trebons par le 3eme bataillon de la division SS das Reich. Le 25 juin, les SS tuent 6 civils à Lesponne. Le 10 juillet 1944, un combat a eu lieu entre les maquisards (Groupe Bernard, maquis de Lesponne et guérilleros espagnols) et les Allemands. Ce combat s’est déroulé entre la hourquette d’Ancizan, le col d’Aspin et Payolle. 14 maquisards sont tués, ainsi que 3 jeunes faits prisonniers et massacrés par la Wechrmarcht. Les Allemands ont eu entre 35 et 50 morts. A Tarbes, le 19 août, le départ de la garnison allemande a ressemblé à une fuite. Rattrapée sur le plateau de Lannemezan par les résistants, la colonne subit des pertes importantes. Le général Mayr, commandant la garnison de Tarbes, est fait prisonnier avec une partie de la garnison. La garnison de la vallée d’Aure est rattrapée dans la rampe de Capvern et doit rebrousser chemin. Elle traverse la vallée du Louron, espérant rejoindre la garnison de Bagnères de Luchon. Mais la route est coupée, et finalement, elle doit passer la frontière espagnole où elle est désarmée.


 Les 150 actions de guérilla menées entre juillet 1942 et août 1944 ont coûté la vie à 205 résistants auxquels viennent se joindre les 527 internés et déportés pour actes de résistance, opinions politiques ou juifs.

 

SabotageUsineHispano2.jpg

Sabotage de l'Usine Hispano à Soues, le 15 Avril 1944 - Commando Pottier (Corps Franc Pommiès. - Armée Secrête. - F.T.P.F.) Source : Résistance en Bigorre, Bagnères-de-Bigorre.


Après la libération,il y a eu l’épuration. Celle des collaborateurs, et les autres. Le docteur Mounicq, médecin d’Arreau, conseiller général de centre droit avant la guerre, et qui a aidé les Autrichiens et de nombreux résistants, a été emprisonné quelques mois. Des socialistes résistants sont aussi incarcérés, jugés... Les plaies resteront vives. Quand Marcel Billières, le directeur de l’hôpital de Tarbes pendant la guerre, S.F.I.O. à la tête d'une cohalition hétéroclite, reprend la mairie de Tarbes aux communistes en 1953, il parle de « nouvelle libération », quand ses adversaires vaincus parlent de « retour du fascisme ».


Jeanne Fourasté est communiste. Elle est en relation avec les personnes qu’elle a rencontrées en déportation, comme Germaine Tillon et d’autres dont elle a partagé les souffrances à Ravensbrück : Marie-Claude Vaillant-Couturier, Lise London... C’est une personnalité des Hautes Pyrénées.

 

Témoignage de Marie-Claude Vaillant-Couturier au procés de Nurenberg :

http://www.fndirp.asso.fr/temoigmcvc1.htm

 

Quelques années plus tard, elle rencontra son mari, monsieur Monacelli, et ils eurent un fils, Jean-Michel. Ils partirent enseigner en Algérie. Leur engagement toujours « progressiste » eu pour conséquence l’arrestation de monsieur Monacelli par l’armée française qui combattait les « fellaghas».  Cet épisode marqua la famille, tout particulièrement madame Monacelli. Ils revinrent enseigner dans les Hautes Pyrénées, en vallée d’Aure.

 

madame-Monaclli.jpg

 Jeanne Andrée Fourasté épouse Monacelli

 

Toute sa vie, elle a été membre de différentes organisations professionnelles ou de déportées. C’était une militante. Et toute sa vie, elle c’est reprochée de ne pas avoir réussi à mettre Georg Hirsch définitivement à l’abri. Elle a rompu toute relation avec Gaby Fisse. Elle est restée en relation avec les Autrichiens, en particulier Josef Meisel et la famille Spiegel. Madeleine Ducay a correspondu avec Josef Gradl, le chef du groupe des autrichiens. 

 

Madame Monacelli est décédée en 2007.

 

                   « Nous étions en paix
                      Comme nos montagnes
                      Vous êtes venus
                      Comme les vents fous

 

                     Nous avons fait front
                     Comme nos montagnes
                     Vous avez hurlés
                     Comme les vents fous

 

                    Eternels nous sommes
                    Comme nos montagnes
                    Et vous passerez
                    Comme les vents fous »

 

« Impromptu » de Hovhannès Chiraz (poète arménien, 1915-1984)

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commentaires

local seo 11/09/2014 12:18

Cazaux-Debat is a small school in Austria in which many famous personalities had completed their schooling. If we check out the history of many politicians, social activists, film personalities etc we can see that they are former students of Cazaux-Debat.

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