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Monographie de l'instituteur, vers 1885

par amisdecazaux 28 Juillet 2011, 20:46 Histoires du village

 

Cazaux-Debat

 

Monographie 1887

 

Le contexte : A la fin du XIXème siècle, des initiatives locales des sociétés savantes ont été le déclencheur de la rédaction de monographies sur les communes. Ces monographies sont répertoriées aux archives départementales. Des inspecteurs d’académie, soucieux d’améliorer l’enseignement de la géographie, ont provoqué alors la réalisation de mémoires ou de notices géographiques par leurs instituteurs. Les monographies vont alors se développer dans les années 1883-1889 pour participer à des concours ou des expositions scolaires locales puis figurer en bonne place à l’exposition universelle de 1889. Il s’agissait alors de montrer, à l’occasion du centenaire de la révolution, les progrès de l’instruction publique et l’efficacité des instituteurs pour enseigner l’histoire et la géographie. On espérait d’autre part diffuser la culture dans les familles par l’intermédiaire des élèves.

 

 Pour la vallée du Louron, on peut trouver sur internet les monographies de Ris, de Bordères, d’Ihan.

 

L’auteur : Monsieur REY était originaire de Gouaux, en vallée d’Aure. Il était instituteur unique à Cazaux-Debat et secrétaire de mairie. Il était marié à Cazaux-Debat  et avait 3 fils : Bertrand, décédé en 1885 à l’âge de 17 ans, Louis, futur maire de la commune, et Albert. Le décès de Bertrand l’a fortement affecté : son épouse en décèdera en 1888 et lui-même vite après.

 

 

   

Situation géographique ; limites ; étendue ; distance au chef lieu de canton, de l’arrondissement, du département

 

Cazaux-Debat, adossé aux pentes d’une colline, est situé sur la rive droite de la Neste et sert de trait d’union aux deux chefs- lieu de canton, Arreau et Bordères.

 

Son territoire, d’une superficie de 148,0408 ha, est limité à l’Est par ceux de Bordères et Ihan, à l’Ouest par ceux de Lançon et Arreau et au Nord par celui de Jézeaux.

 

La distance à Bordères chef-lieu de canton, est de 2 kilomètres ; à Bagnères chef lieu d’arrondissement, de 49 kilomètres ; à Tarbes chef lieu du département, de 69 kilomètres.

 

Description physique du pays ; relief du sol ; montagnes ; nature des rochers qui les constitue ; curiosités naturelles ; richesse du sol ; cours d’eau ; leur débits ; leur crues ; gués, lacs ou canaux…

 

Placé à l’entrée de la vallée du Louron, Cazaux-Debat semble être la sentinelle vigilante sous le patronage du géant de Clarabide qui s’élève en face et dont la cime contemple les deux versants, français et espagnol.

 

La vue se perd dans le long couloir que forme la vallée. A droite et à gauche, des collines tantôt nues, tantôt drapées de sombres forêts de sapins au sommet et de hêtres au flanc, contribuent à donner à l’ensemble du paysage un aspect très sévère.

 

A l’Est du village, serpente le ruisseau de Galaïs. Les eaux tombent en petite cascade dans un ravin d’une profondeur effrayante. On est impressionné de l’agilité et de la souplesse du pied montagnard parcourant ces précipices vertigineux avec autant d’assurance que l’élégante parisienne les luxueux salons de la capitale. 

 

Les terres déclives et étagées sont silico-argileuses ; l’alluvion domine dans la partie basse de la vallée.

 

Le sol, quoique très accidenté, serait assez fertile, mais les pluies diluviennes le laissent parfois à nu, emportant l’humus et la terre arable. Aussi, les cultivateurs devraient transformer en prairies temporaires la majeure partie de leurs champs trop inclinés.

 

Indépendamment du granit, on remarque une énorme roche calcaire appelée la Pène.

 

La Neste, seul cours d’eau qui mérite d’être mentionné, descend des hauteurs de la Pez en Clarabide et traverse toute la vallée dans la direction du Sud au Nord.  Son débit d’un mètre cube  par seconde environ varie au printemps à la fonte des neiges. Paisible, inoffensive dans son cours naturel, cette rivière devient même guéable à son étiage, mais grossie par les ruisseaux que des cataclysmes assez fréquent transforment en torrent,  elle devient furieuse et emportée. Les crues récentes de 1875 et 1886 rappellent encore les terribles désastres de ses débordements. On raconte qu’en 1609, elle inonda toute la vallée.

 

L’industrie privée a creusé quelques canaux d’irrigation pour détourner un peu de son eau bienfaitrice et fertilisante.

 

Eaux potables ; sources thermales et autres ; leur débit ;  leur propriété ; stations thermales ; leur fréquentation

 

Le village est alimenté par deux petites fontaines(1) insuffisantes aux besoins des habitants. Aussi, la municipalité actuelle projette l’entreprise d’y amener au moyen de tuyaux, une autre source distante  de 600 mètres.

 

En amont de Cazaux-Debat et sur la rive gauche de la Neste surgit une source d’eau sulfureuse […] contenant de la barégine(2). Le débit est d’environ un litre par minute ; bien captée elle donnerait davantage. Cette station thermale fréquentée seulement par les gens du pays dure du mois de mai au mois d’octobre. Il est regrettable que cet établissement particulier soit mal tenu, car ses eaux sont curatives. On cite bon nombre de malades qui, après un séjour plus ou moins prolongé dans d’autres stations renommées sont venus chercher la guérison dans ce lieu peu connu.

 

Altitude ; climat ; vents ; pluie ; température ; salubrité

 

L’altitude de Cazaux-Debat est de 800 mètres environ. Exposé au midi et à l’abri du vent du Nord, le climat est assez doux en hiver et chaud en été. Les vents du Sud ou d’autan et de l’Ouest produisent des changements subtils de température et amènent presque toujours la pluie.

 

Bien que salubres depuis quelque temps, on signale dans cette localité l’apparition de maladies jusqu’alors ignorées et inconnues. Un savant docteur, bien regretté, né dans la commune et ému de l’état sanitaire de ses compatriotes, a prétendu que l’abattage des forêts à haute futaie pouvait contribuer à cette anomalie.

 

Chiffre de la population d’après le recensement de 1886. Ce chiffre tend-il à diminuer ou à s’accroitre ? Pour quelles causes ?

 

D’après le recensement de 1886, la population ne s’élève qu’à 85 habitants(3). Pour des causes diverses, elle tend à diminuer.

 

Quelques femmes mariées demeurent stériles, d’autres ont une tendance à limiter le nombre des enfants. Ainsi, il est de règle qu’en fécondité, le chiffre deux ne doit pas être dépassé. Ensuite il faut compter avec la décentralisation. Les parents pauvres, qu’ont soufferts de l’humilité de leur condition, rêvent pour leur enfant un avenir plus distingué. Les professions manuelles sont discréditées. La jeunesse quitte le village pour la ville en quête d’une vie plus commode et d’un travail plus lucratif. L’agriculture se voit privée de puissants auxiliaires.

 

La création d’industries pastorales et agricoles procureraient le bien-être et rattacheraient au sol ces bras vigoureux qui vont s’étioler dans les grands centres manufacturiers.

 

Division en sections, hameaux, quartiers ; population approximative de chaque groupe ; nombre de feux ; organisation municipale ; fonctionnaires

 

L’agglomération de la commune comprend 20 feux ou 70 habitants. Un quartier désigné La Prade et éloigné de 500 mètres environ, se compose de 5 feux ou 15 habitants.

 

La municipalité est représentée par un maire, un adjoint et dix conseillers. Il y a un instituteur public laïque, un desservant, un garde champêtre et un cantonnier.

 

Comment la commune est desservie pour les cultes, les finances, les postes…

 

Le service religieux est remplit par un curé-desservant résidant à Cazaux-Debat et obéissant aux ordres de l’évêque de Tarbes.

 

Le receveur municipal du canton de Bordères, demeurant à Arreau, perçoit les contributions de la commune.

 

Cazaux-Debat est desservi par le bureau des postes de Bordères.

 

Valeur du centime ; revenus ordinaires

 

La valeur du centime est de 0,68539. La commune n’a pas de revenus ordinaires. Des taxes affouagères et de pacage fournissent les moyens pécuniaires pour établir le budget communal.

 

Dorénavant, elle bénéficie du produit des coupes de la forêt de Lherm,  d’une contenance de 60 ha 88 ares, que la commune de Bordères a cédé à Cazaux-Debat en cantonnement des droits d’usages confirmés par Don Roger d’Espagne en 1532.

 

Productions ; quantités ; cultures principales ; bois et forêts ; essences ; reboisement ; produits des forêts ; régime forestier…

 

Les principales productions consistent en fourrages (foins et luzerne), blé, seigle, sarrasin, maïs, haricots et pommes de terre. […]

 

D’après les statistiques agricoles, le produit moyen de chaque culture serait ainsi réparti : blé, 12 hectolitres par hectare ; seigle, 13 hectolitres : sarrasin, 15 hectolitres ; pommes de terre, 120 hectolitres.

 

La commune possède des bois et forêts d’essence sapin, hêtre et chêne. Le reboisement s’opère naturellement. A cause de la dépréciation du bois de construction, les produits des forêts sont insignifiants et absorbés par la surveillance d’une partie soumise au régime forestier.

 

Animaux ; troupeaux divers ; chasse et pêches

 

Les habitants s’attachent à élever du bétail à corne et à laine. De plus, chaque particulier engraisse un porc ou deux pour sa propre consommation.

 

Le pays n’est pas giboyeux ; on chasse la caille, le lièvre, et quelques animaux de passage. Les amateurs se livrent à la pêche à la truite.

 

Produits de toute nature, mines et carrières exploitées ou à exploiter, usines, moulins, manufactures, etc.

 

Une carrière de marbre blanc attend l’arrivée d’un riche industriel pour lui ouvrir ses trésors. A titre d’essai des échantillons ont été envoyés à M. Géruret à Bagnères. Ce marbre se laisse facilement polir. L’exploitation de cette carrière donnerait une certaine aisance dans la commune.

 

Il y a à Cazaux-Debat une usine à scier le bois, deux moulins à farine et un métier à tisser.

 

Voies de communication ; route ; pont ; époque de leur construction

 

Un chemin vicinal récemment construit et formant deux lacets, relie le village à la route thermale. Un pont en bois, nouvellement restauré, est jeté sur la Neste et permet de traverser cette rivière.

 

Voies ferrées et autres moyens de transports ; moyens de communication avec les chefs-lieux du canton, de l’arrondissement et du département ; voitures publiques ; diligences…

 

Pas de moyen de locomotion. Les chemins ruraux mal entretenus rendent l’exploitation difficile et pénible. Des chars à deux et à quatre roues sont utilisés pour rentrer les récoltes des endroits faciles. Différemment les hommes font les bêtes de sommes et chargent sur leurs épaules le bois, le foin et autres matières.

 

On arrive à pied au chef-lieu du canton. Pour se rendre à Bagnères, chef lieu d’arrondissement, les bons marcheurs franchissent le col d’Aspin. Sinon on prend à Arreau des diligences ou des voitures publiques, et moyennent 2 F. par place on arrive à Lannemezan, station du chemin de fer la plus rapprochée. De là on est transbordé sur Tarbes, Bagnères, Bordeaux, Toulouse ou Paris.

 

Commerce local ; foires et marchés

 

Il n’y a pas de commerce local ; les transactions s’effectuent dans les foires et marchés des environs : Arreau, Sarrancolin.

 

Mesures locales encore en usage

 

Certaines mesures anciennes sont encore acceptées dans la localité.

 

Pour les longueurs, on emploie l’aune, 1m 20 ; l’empan, 0m22 ; le pouce, 0m025 ; la canne, 6m ;

 

Pour les surfaces, le journal, 21ares85 ; la caupenade 1are 82 ; la pugnère 0 are 15 ; la canne, 1m76 X1m76…

 

Pour les capacités : le muid, 150 litres ; la mesure, 25 litres ; le coupeau, 12 litres ½ ; Le boisseau, 6 litres 25 ; le pichet, 3 litres, la pugnère, 1 litre.

 

Pour les poids : la livre, ½ kilo ; l’once, 32 grammes ; le quintal ordinaire, 50 kilos.

 

Les tisserands emploient la bérgue, ou 12 empans.           

 

Etymologie probable du nom ; histoire municipale ; traditions et légendes ; biographie sommaire des célébrités

 

Anciennement, Cazaux-Debat s’écrivait Cazaux-Jus, ce qui voulait dire Domaine Premier. Cazaux Debat signifie encore Cazaux ou domaine en dessous par rapport à un autre Cazaux plus en amont dans la vallée.

 

Cazaux-Debat faisait partie du diocèse de Comminges et en était l’un des 22 archiprêtrés. L’abbé et les religieux étaient autrefois seuls seigneurs en toute justice de Sarrancolin, Ardengost, Cazaux, etc., mais depuis « le paréage de 1297 le roi a la moitié de la justice dans toutes les terres que possédaient l’abbaye de Simorre. Quant à Sarrancolin et lieux en dépendant, le roi n’a acquis la moitié de la justice que pour la réunion du domaine des 4 vallées à la couronne, dans le 15ème, 16ème et 17ème siècle, avant lequel temps le comte d’Aure possédait cette moitié en paréage avec le monastère de Simorre. Vers l’an 960, Guilhaume Auriol, comte d’Aure fit donation à l’abbé de Simorre du monastère de Sarrancolin, de Labasteilles, Cazaux  et autres églises et seigneuries. » La charte et du 3 des nones de juillet, larre 10…..

 

Cazaux-Debat comme tout le pays de la vallée d’Aure(4) a été sous la puissance du comte d’Aure. Le dernier de ces comtes fut Louise du Lyon, fille de Gaston du Lyon. Par le concordat de 1512 avec Charles VIII et Louis XII, cette vicomtesse jouit de tous les revenus et émoluments des terres des 4 vallées. La domination, juridiction et souveraineté appartiendrait au roi, selon le vœu des habitants. Depuis les rois de France ont possédé les 4 vallées comme seigneurie unie inséparablement à leur couronne. Louis XI confirma les anciens privilèges de ce pays en 1475.

 

La légende rapporte que les miquelets(5) s’étaient réfugiés sur un plateau appelé Pla déro croua.  C’est un espèce de camp retranché presque inaccessible, dominant Arreau et une partie de la vallée du Louron. Des contes plus ou moins fantastiques de leur souvenir, répétés au coin du feu, ont été pendant longtemps les croquemitaines des enfants du village. Quand une mère corrige un peu vertement son fils, elle ne manquera pas de lui lancer cet épithète : « qu’ès u miqualet ». 

 

Une famille descendant du conventionnel Féraud(6) habite Cazaux-Debat. L’un de ses membres, Féraud Baptiste, avocat, a vécu honorablement dans la direction des postes. Un savant docteur, Fontan Sernin(7), a vu le jour dans notre village.

 

L’idiome est un patois amalgame de mots espagnols, celtes et romains.

 

Mœurs, cultes, costume, alimentation

 

Les habitants sont gais, causeurs, hospitaliers et sobres. Quoi que de mœurs simples, on devine chez eux cet esprit de fierté et d’indépendance qui caractériserait le gaulois.

 

La religion catholique est seule pratiquée et observée. La fête de Saint Saturnin, patron de la paroisse, se célèbre le 29 novembre.

 

Généralement, les hommes s’habillent de burel, drap fabriqué dans le pays. Aux grandes solennités ils exhibent de leurs garde-robes des costumes confectionnés à la mode et en drap par nos meilleures manufactures.  Les jeunes filles ne se « couvrent plus d’un sac d’un côté en laine fine blanc rouge ou noir. » La recherche dans leur parure ôte au charme de leur beauté. Le chapeau détrône la coiffure en mouchoir qui ne manque pas d’une certaine grâce par la forme élégante que le beau sexe sait lui donner sur la tête.

 

Le laitage « sucré qu’on partage le soir » est la base de l’alimentation. On mange également la bonne garbure assaisonnée d’un morceau de viande de porc ou de brebis salée. Le vin n’est pas toujours banni des repas. Le dimanche, beaucoup de paysans se payent le luxe d’une tasse de café.

 

Monuments

 

L’église(8), en style ogival, remonte à l’époque des templiers. A droite de la porte on voit une pierre avec ce monogramme

 

 

 

Certaines restaurations ont fait disparaitre des peintures et d’autres monogrammes en relief à la clef de voute et aux piédestaux des cintres.

 

Le chapiteau de la porte d’une maison (ancien presbytère)(9) porte ces deux inscriptions

 

 

Archives communales ; documents officiels destinés à établir l(histoire de la commune ; ouvrages, monographie, auteurs

 

On ne trouve rien de précis dans les archives communales pour établir l’histoire de la commune. Il n’y a qu’une transaction de Don Roger d’Espagne(10) et le syndic et consul de Cazaux-Debat en 1532, et des actes de concession entre les communes de Cazaux-Debat, Bareilles, Lançon, et Jézeaux, en 1711.

 

Historique de l’enseignement et des écoles dans la commune aux diverses époques. Description de l’école

 

Avant 1833, des maitres sans diplôme enseignaient à lire et à écrire. Depuis, l’instruction a été donnée par des instituteurs brevetés, et laïques.

 

La salle d’école occupe le premier étage d’une maison particulière louée. Elle est éclairée par deux fenêtres, l’une à l’Est, l’autre au midi. Le local est assez convenable et le matériel presque suffisant.

 

La commune a l’intention de demander une subvention d’Etat pour construire une maison d’école.

 

Fréquentation ; nombre de conscrits illettrés de la dernière année ; des conjoints qui n’ont pas pu signer

 

Quoiqu’il n’y ait pas eu de conscrit la dernière année, on constate que tous les jeunes gens savent lire, écrire et calculer.

 

Les registres de l’état civil témoignent également de l’instruction des derniers conjoints, car ils ont su apposer leur signature au bas de leurs actes de mariage.

 

Institutions scolaires ; bibliothèque ;  don origine, nombre de volumes, des prêts

 

Une bibliothèque populaire existe à Cazaux-Debat depuis 1883.

 

A l’initiative de l’instituteur actuel une souscription fut ouverte et la somme de 48 F. recueillie parmi les habitants permit de doter la bibliothèque de 24 volumes. L’Etat et le département ont accordé 38 volumes. Depuis la création, le nombre de prêts s’élève à 81.

 

Caisse des écoles ; caisse d’épargne scolaire

 

Malgré les efforts de l’instituteur à démontrer les avantages des caisses des écoles et d’épargne scolaire, cette création n’a pas pu s’implanter à Cazaux-Debat.

 

Traitement des maitres ; loyers ; sacrifices à demander à la commune pour réaliser les améliorations nécessaires…

 

Le traitement de l’instituteur est de 1050 F. plus 30 de secrétariat de la mairie. La commune reçoit de l’Etat une subvention de 60 F. pour le loyer de l’école.

 

La municipalité devrait se prononcer sur le choix du terrain affecté au local scolaire et créer des ressources suffisantes pour mériter une subvention de l’Etat afin de construire une maison d’école. Cet acte de bonne administration serait la consécration du vœu légitime de toute la population.

 

 

L’instituteur public à Cazaux-Debat

 

Signé Dominique Rey

 

Notes :

 

(1) Eaux potables : les deux fontaines dont il est question sont celles situées au milieu de la carrère

 

(2) Station thermale : la source d’eaux sulfureuse c’est perdu. Il reste la cabane, refaite en moellons, en amont de La Prade, sur la rive gauche de la Neste

 

(3) Chiffres de la population : Cazaux-Debat a compté :

 

 

(4) Quatre vallées : Il s’emble que l’auteur fasse une confusion entre Cazaux et Camou, village situé à côté de Sarrancolin, comme Ardengost. La vallée du Louron ne faisait pas partie des Quatre vallées, pays d’élection qui regroupaient les vallées d’Aure, de Neste, de Barousse et de Magnoac. Cazaux-Debat faisait partie soit du Comminges, soit du pays d’élection de Rivière-Verdun, qui regroupait des territoires discontinus entre les Pyrénées et la Garonne (Verdun sur Garonne est situé aux confins du Gers et de la Haute-Garonne, en Tarn et Garonne. D’un point de vue ecclésiastique, le Louron relevait de l’évêché du Comminges.

 

(4) Miquelets : soldats de l’infanterie espagnole au XVIIème et XVIIIème  siècle. Ils ont participé à la guerre de succession d’Espagne (1705-1714), en menant une guerre de partisans contre la France et pour le compte des catalans, qui soutenaient l’archiduc d’Autriche. Ils passaient la frontière pour se ravitailler. Des études récentes tendent à démontrer que les régions frontalières étaient également en opposition  contre l’absolutisme royal, doublé d’une mise au pas concernant l’organisation religieuse de l’évêché du Comminges. Les hautes vallées françaises vivent énormément du commerce avec les troupes de l’archiduc qu’elles font payer au prix fort, dans le cadre des « lies et passerie » (traités entre vallées). Elles n’entendent pas perdre ce privilège comme l’exigent les militaires au service du roi et font de la résistance à la mise en place de milices bourgeoises qui auraient bien sûr rendu difficile la contrebande de bestiaux avec les troupes de l’archiduc. Les razzias étaient assez courantes d’une vallée à l’autre en ces temps troublés, et pas seulement de part et d’autre de la frontière. Le plateau évoqué se situe au niveau du rocher de la Pène. S'agissant d'une légende, il est possible que les bandits soient bien antérieurs au XVIIème siècle, ou même qu'il n'y ait jamais eu de bandits...

 

(5) Conventionnel Féraud : Jean-Bertrand Féraud, né à Arreau le 21 mai 1764, assassiné à Paris le 20 mai 1795, était député des Hautes Pyrénées à la convention. Il vota la mort du roi en disant : « Fidèle à la déclaration des droits, je vote pour la mort. Je n’attend rien pour ma patrie de la réclusion du ci-devant roi. Son existence ne fait rien aux autres despotes. Tous nos succès contre nos ennemis extérieurs dépendent du courage de nos soldats. Contre les ennemis intérieurs, du règne des lois, du retour de l’ordre et de la cessation des méfiances. Je vote pour la mort. ». Proche des girondins, il fut envoyé en mission auprès de l’armée des Pyrénées orientale où il se signala par son courage et fut plusieurs fois blessé. De retour à Paris, il pris part au 9 thermidor, où il fut adjoint à Barras pour mener les troupes contre Robespierre. Après d’autre missions auprès des armées du Nord et du Rhin, il revint à Paris et se trouva mêlé à la journée du 1er Prairial an III (20 mai 1795) : la foule envahi la convention en criant « du pain ou la constitution de 1793 ! » Cherchant à défendre le président de l’assemblée, Féraud fut tué d’un coup de pistolet, son corps traîné dans le couloir où sa tête fut coupée et mise au bout d’une pique, pour être mise face au président de l’assemblée, Boissy d’Anglas. Celui-ci salua religieusement le trophée, geste qui eu pour effet de calmer la foule, qui se retira. Un hommage solennel fur rendu le lendemain par la convention au député Féraud. Cet épisode a donné lieu à un célèbre tableau de Fragonard, exposé au Louvre.

 

 

 

La maison Féraud, est à l'origine la maison d'un neveu du conventionel qui avait épousé la descendante d'une des principales familles du village, les Sens. Elle est située à l’entrée du village, à gauche.

 

(6) Docteur Sernin Fontan : Ancien médecin du canton et conseiller général (le seul conseiller général issu de Cazaux-Debat).

 

Il est à noter qu’en 1852, l’ouvrage d’A. Abadie, l’indicateur des Pyrénées indique, pour Cazaux-Debat : « impraticable en voiture [seul, le vieux chemin existait alors] ; bains d’eau minérale sulfureuse ; plusieurs charbonniers ; notables : Fontan V., Fontan-Pradé, Féraud d’Arné.»

 

(7) Eglise : « annexe de la cure de Ris. Cazaux-Debat et Ris dépendaient de l’archiprêtré d’Arreau et non de celui de Génos. Le chœur et la nef à 2 travées ont été reconstruits au 16e siècle et couverts de belles voûtes d’ogives. (L’ancien tympan roman, décoré d’un chrisme, a été conservé, encastré dans la façade ouest). La clef de voûte du chœur est ornée de fleurs de lys, celle de la travée à l’est porte un cordon. Une confrérie du Saint Sacrement est érigée dans l'église en avril 1653. En 1664 l’évêque Gilbert de Choiseul ordonne la construction d’une sacristie. Deux chapelles formant transept sont ajoutées, l’une au sud en 1880, l’autre au nord en 1883. L’édifice n’est pas protégé monument historique. Elément remarquable : la voute. » (Sources : service régional de l’inventaire Midi-Pyrénées,  notice IA65000040 – inventaire 1991)

 

(8) Presbytère : L’ancien presbytère dont il est question a été partiellement détruit en 2007, à des fins d’aménagement de la chaussée. Ce bâtiment historique de Cazaux Debat était le presbytère de la paroisse, et semblait ne plus être occupé en 1887. Devenu bien communal en 1905, au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le bâtiment a très vite été loué à monsieur Saturnin Lacaze. Il est ensuite devenu l’école du village dans les années 1940, en lieu et place de l’actuelle mairie, qui jusque là avait la double fonction. L’école a été désaffectée dans les années 1960.

 

 En 1943, l’école fut le théâtre de l’arrestation de l’institutrice, mademoiselle Fourasté.

 

Des autrichiens et une américaine ayant participé à la guerre d’Espagne dans les brigades internationales sont arrivés à Cazaux-Debat après la défaite de juin 1940. Ils ont été protégés par le silence des habitants et des autorités. Les derniers d’entre eux sont partis en février 1943, aprés l’occupation allemande de la zone sud. A leur deamande, l’institutrice, mademoiselle Fourasté, a accepté de garder un enfant, Georg Hirsch, âgé de 8 ans. Mademoiselle Fourasté, a été dénoncée et arrêtée dans sa classe, devant ses élèves. Mademoiselle Fourasté a été déportée pour avoir aidé ces réfugiés dont certains étaient juifs. Elle est revenue en 1945 et a repris son métier d’institutrice et ses activités militantes avec son mari, monsieur Monacelli. Georg Hirsch a été arrêté à Barrancoueu, village voisin de Cazaux-Debat. Il a été amené à Amiens où sa mère, Irma Hirsch, une résistante juive autrichienne, était détenue par la Gestapo. Elle a été déporté et assassinée à Auschwitz en décembre 1943. Georg Hirsch a été confié par l'assitance publique à une famille d'Amiens, les Schulhof, d'origine juive. Le père de famille, sa mère et sa femme ont été déporté avec Georg en janvier 1944 et assassinés à Auschwitz. Les autres autrichiens présents à Cazaux Debat ont repris leur engagement dans la résistance en Normandie, à Lyon, en Savoie, à Marseille ou en Autriche. Beaucoup d'entre eux ont été arrêté, mais tous ont survécu à la guerre, dont Albert Hirsch, le père de Georg Hirsch.

 

(9) Roger d’Espagne : La maison d'Espagne étaait originaire de Bordère Louron, au sud de Cazaux-Debat. C'étaient des serviteurs loyaux du roi de France. Roger IV avait été fait prisonnier à la bataille de Pavie. Il avait été libéré contre une forte rançon. Aussi, avait il entrepris à son retour de faire le tour de ses pssoessions pour régler divers litiges entre communautés paysanes. En contrepartie, il fixa des amandes et des taxes qui lui étaient profitables. Les droits du village de Cazaux-Debat d'exploiter la montagne au desus du lac de Bordères, et d'y faire paître des troupeaux, remontent donc au XVIème siècle.

                                                     
                                               
                                               
                                             
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commentaires

camille 14/10/2011 14:12


Article trés intéressant : je viendrais me promener à Cazaux !


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