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8 mars, journée des femmes : les femmes de Cazaux-Debat

par amisdecazaux 6 Mars 2016, 00:03 Histoires du village

C'est en 1921 que le 8 mars fut retenu par Lénine pour être la Journée internationale de la femme : il voulait ainsi célébrer les femmes qui, à Pétrograd, le 8 mars 1917, ont manifesté en réaction à la répression de la révolution russe. Progressivement, ce jour a été fêté dans les pays de l'Est et à cette occasion les hommes offraient des fleurs à leurs épouses, mères, grands-mères et amies.

C'est bien plus tard, en 1977 que les Nations Unies ont officialisé cette journée et depuis, dans tous les pays, le 8 mars est reconnu comme date de la Journée de la femme.

Les femmes à Cazaux-Debat jusqu'au XVIIIeme siècle

Les Pyrénées centrales sont réputées pour être historiquement un pays dit « d’ainesse absolue », où la fille ainée aurait eu les mêmes droits qu’un ainé mâle, le droit d’exercer souverainement le pouvoir sur la famille. Cette vision des choses doit être fortement nuancée. Dans la plupart des villages, la fille ainée devenait « maitre de maison » que si elle n’avait pas de frère. Dans ce cas, elle était mariée, et s’est le conjoint qui représentait la « Maison » dans les instances de la communauté villageoise. Si l’ainée était veuve, elle trouvait un autre homme parmi les obligés de sa maison pour l’y représenter, avec l’aval des notables du village.

 

Pendant longtemps, jusqu’à la fin du XVIIème siècle, les femmes des montagnes pouvaient être victimes des violences les plus extrêmes. Il était admis qu’un homme tue sa femme s’il l’a soupçonnait d’adultère, comme il était admis, en fonction de la position sociale de l’homme, que ce dernier partage sa couche avec sa femme et sa maitresse. Les enfants étaient les autres victimes de cette société.

 

Il a fallu l’intervention énergique des évêques du Comminges, Hugues de Labatut et Gilbert de Choiseul, appuyés par les jésuites, pour faire disparaitre ces mœurs et protéger les femmes et les enfants. Ces mesures furent populaires auprès des femmes, mais pas auprès des hommes, contribuant au développement de l’esprit anticlérical (avec la remise en cause du rôle des notables dans les églises et une meilleure organisation pour collecter la dîme).

Gilbert de Choiseul

Gilbert de Choiseul

L'école

la première femme dont le nom figure au registre des délibérations de la commune de Cazaux–Debat est une gardienne de cochons. Elle s’appelait Marie Castagnet. C’était en 1810. Marie Castagnet s’engageait à garder les cochons comme s’ils étaient les siens. Pour gage, elle avait droit à un pain par cochon, « moitié seigle et moitié orge ». Ainsi, les femmes en situation sociale difficile pouvaient obtenir un petit emploi leur permettant de subsister sans avoir à mendier, surtout quand elle faisaient parties d’une des familles « obligées » de la Maison dominante, à ce moment-là, la maison Fontan.

 

C’est à la même époque que l’héritière de la Maison Sens avait épousé le frère du député de la Convention Jean Bertrand Ferraud. C’est ainsi que la Maison Sens est devenue « la Maison Féraud ».

 

En 1833, une école mixte ouvrait à Cazaux–Debat. Tous les enfants, filles et garçons, allaient désormais apprendre à lire et à écrire, à parler français, à compter.

L'école mixte de Cazaux -Debat dans les années 1930

L'école mixte de Cazaux -Debat dans les années 1930

En 1872, dans la famille Carrère, le père lisait à la mère les courriers de leurs enfants, partis aux quatre coins du monde. Leur fille ainée était à Bordeaux. Un mari lui avait été désigné. Louise Carrère écrivit une longue lettre à ses parents, expliquant qu’elle n’épouserait pas l’homme promis. Elle revendiquait sa liberté.

 

Jeanne – Marie Couget était l’héritière de la Maison Couget. Née en 1840, elle était fille unique et fut rapidement orpheline. C’est donc son oncle qui veilla sur elle et repris l’exploitation familiale pour le compte de sa nièce, jusqu’au mariage de cette dernière avec l’instituteur, Dominique Rey. Dans ce coin des Pyrénées, tout avait été mis en œuvre pour faire perdurer le droit d’aînesse pour éviter le fractionnement des propriétés.

 

L’histoire de Jeanne – Marie Couget montre ainsi que la place d’une femme, même héritière unique et donc en principe « Maître de Maison », n’était pas différente que ce qu’il pouvait être dans la plaine.

Une institutrice à Cazaux -Debat

En 1899, une institutrice, Maria Compagnet, était nommée sur le poste d’instituteur vacant à Cazaux – Debat. Ce n’était pas la première institutrice de la vallée : avant elle, Louise Pelieu avait rédigé en 1886 la monographie du village de Ris.

 

La nomination d’une institutrice dans une école mixte relevait d’une logique économique : l’enseignement aux filles des travaux de couture était obligatoire ; partant du principe que ce n’étaient pas aux instituteurs de procéder à cet enseignement typiquement féminin, le ministère de l’instruction publique exigeait que la commune rétribue une femme chargée de cet enseignement dans les écoles mixtes où le maitre était un homme.

 

C’est pourquoi, le Conseil municipal de Cazaux – Debat avait demandé à ce que l’instituteur décédé en 1898 soit remplacé par une institutrice.

L'école normal féminine de Mirande, dans le Gers. Au fond tournant la tête, Maria Comagnet

L'école normal féminine de Mirande, dans le Gers. Au fond tournant la tête, Maria Comagnet

Pendant la première guerre mondiale, les femmes prirent une place plus importante dans le village, dans le sillage de l’institutrice Maria Rey. Outre ses fonctions éducatives, cette dernière formait au secourisme, incitait à la lecture des journaux, soignait les blessés, procédait si nécessaire aux accouchements.

 

Ainsi, grande fut la place des femmes quand il fallut faire face en août 1918 à l’épidémie de grippe espagnole qui ravageait le camp des travailleurs coloniaux annamites, à l’entrée du village.

Première guerre mondiale : les femmes du village en route vers l'émancipation

En 1916, pour la première fois, une femme fut désignée dans une instance de représentation officielle, la commission représentant les  exploitants agricoles. Elle s’appelait Vincente Soutiras. Son mari était à la guerre, son fils Jean-Marie encore mineur, allait être lui aussi appelé bientôt sous les drapeaux.

En 1918, la Maison Bégué, l’une des plus ancienne et illustre du village, se trouvait sans homme. Le chef de Maison, Louis Bégué, n’avait pas survécu à la guerre, son fils avait quatre ans. Sa veuve, Louise, reprit l’exploitation et alla pour se faire recruter un ouvrier agricole, un domestique.

Il s’appelait Pierre Ferras et suivant la tradition imposée depuis des siècles aux gens de sa tradition, sa patronne lui menait une vie rude : il travaillait tous les jours du lever au coucher du soleil et plus quand le soleil se couchait trop tôt. Il dormait dans un réduit, sous l’escalier. Il mangeait un oignon au petit déjeuner et goutait d’un morceau de lard quand les autres avaient du jambon...

Pourtant, c’est Pierre Ferras qui représentait la Maison Bégué au Conseil municipal du village pendant toute la minorité du fils de Maison.

Entre 1940 et 1943, un groupe d’Autrichiens trouva refuge à Barrancoueu, Arreau et Cazaux-Debat. Parmi eux ou en lien avec eux, des femmes remarquables.

Mabel Irène Goldin avait 27 ans quand elle arriva dans l’Espagne en guerre de 1936. Juive new-yorkaise, elle s’était portée volontaire dans l’équipe du docteur Barsky pour intégrer les équipes médicales des Brigades Internationales. Les américains faisaient partie de la brigade Lincoln. Irène Goldin avait adhéré au Parti communiste en Espagne, en octobre 1937.

 

Elle fut d’abord affectée en unité d’urgence, où elle fut blessée. On l’avait alors mutée à l’hôpital britannique puis à Mataro, le grand hôpital où étaient soignés les blessés des brigades internationales. Elle y rencontra Françoise Brauner, médecin français d’origine autrichienne.

 

C’est là qu’elle fit la connaissance d’Harry Spiegel, un étudiant en philosophie viennois. Commissaire politique auprès d’une unité des Brigades Internationales, il avait été blessé sur le front de l’Ebre et conduit à l’hôpital de Mataro, où il rencontra Irène Goldin. Ils s’épousèrent en septembre 1938, au moment de la dissolution des brigades.

 

Avec leurs camardes, ils durent gagner la France. A Marseille en 1939, Irène Spiegel essaya d’obtenir un visa pour les Etats-Unis pour son mari. Harry Spiegel n’obtint pas de visa : à la déclaration de guerre en 1939, il fut même interné en tant qu’ «étranger hostile». C’était le sort que réservait la République laïque aux ressortissants « allemands », même juifs.

 

Irène Spiegel réussit à obtenir la libération de son mari. Ils se rendirent ensemble près de Paris, au château de la Guette, avec les époux Brauner, spécialistes des traumatismes des conflits armés sur les enfants. Françoise Brauner était médecin et Alfred Brauner, pédagogue. Ils assistaient alors des enfants juifs réfugiés d’Allemagne.

 

En juillet 1940, les époux Spiegel prirent le train pour le sud et s’arrêtèrent en gare de Lannemezan. Ils parvinrent à entrer en contact avec Gerti Schindl, la responsable du KPÖ à Toulouse. Harry Spiegel avait une compétence particulièrement précieuse : il parlait très bien le français. C’est pourquoi Gerti Schindl envoya à Lannemezan un groupe de quatre Autrichiens qui venaient d’être démobilisés à Toulouse. Ils s’appellaient Josef Gradl, Enst Kuntschik, Karl Auer et Frantz Gögginger.

 

Le groupe partit pour la vallée d’Aure, embauchés comme charbonniers. Irène Spiegel était enceinte. Son fils Pierre naquit à Arreau en 1941. Lors de l’invasion de la zone sud par les Allemands en novembre 1942, le groupe de réfugiés Autrichiens dont la composition avait évolué était à nouveau en danger. Il se sépara, chacun ayant une fonction dans la Résistance.

 

Les Spiegel partirent à Marseille. Harry Spiegel se fit recruter sous le nom d’Henri Verdier comme interprète par une entreprise qui travaillait pour la marine allemande. Il faisait partie des FTP MOI, qui communiquaient les plans des installations de guerres allemandes à Marseille aux services secrets gaullistes.

 

Les Spiegel avaient confié leur fils, Pierre, à une famille de Labarthe de Neste, à côté de Lannemezan. En mai 1943, Irène Spoiegel, présentant qu’un drame avait eu lieu, récupéra son fils à Labarthe de Neste et le ramena à Marseille.

 

A la libération de Marseille, Harry Spiegel fut arrêté comme espion par des résistants peu aux fait des réalités de la Résistance. Il s’en sortit encore une fois grâce à l’intervention énergique et efficace d’Irène Spiegel.

 

Ils rentrèrent en Autriche et se spécialisèrent dans le théâtre comme thérapie pour les traumatismes d’enfants. Les Spiegel se séparèrent, mais Irène resta en Autriche jusqu’à sa mort dans les années 2000.

Irène Spiegel à Marseille en 1945, venant en aide aux refugiés

Irène Spiegel à Marseille en 1945, venant en aide aux refugiés

Martha Gutmann assista de près à la création puis à l’action du Parti Communiste Autrichien dans les années qui suivirent la première guerre mondiale.

 

A l’arrivée des Nazis, elle quitta l’Autriche avec sa sœur. Elles étaient devenues des activistes du KPÖ. Martha Gutmann était malade, elle souffrait de poliomyélite. Son état empirait et il fut décidé de l’envoyer chez « les bucherons », à Cazaux Debat.

 

A l’été 1942, son état avait empiré. Avec l’appui des médecins, les docteurs Marquié et Mounicq, celle du maire de Tarbes, Maurice Trélut, et du directeur de l’hôpital de Tarbes, Marcel Billières, Martha Guttmann fut admise à l’hôpital de Tarbes. Elle décéda de la poliomyélite le 7 octobre 1942 à l’hôpital de Tarbes. On l’enterra au carré des indigents.

Irma Hirsch, martyre de la Résistance

La femme et le fils de l’un des « bucherons », Albert Hirsch, étaient restés dans le nord de la France. Irma Diamant, la femme d’Albert Hirsch, était né dans une famille juive des Sudètes, cette région tchèque de langue allemande, le long de la frontière autrichienne, que les allemands allaient envahir en 1938.

 

La famille d’Irma Diamant se réfugia à Vienne au début des années 1920, lorsque la création des nouveaux états d’Europe centrale provoqua un relent d’antisémitisme et des massacres. Irma Diamant devint institutrice. Elle se maria avec Albert Hirsch et eu un fils, Georg, né en 1934. Son mari était actif au KPÖ et recherché.

 

La famille partit en exil d’abord en Belgique puis reflua avec l’exode de mai et juin 1940 jusqu’à Paris. Irma Hirsch partit à Amiens, où elle s’engagea dans la résistance. Elle faisait partie du Travail antiallemand. Cette organisation rédigeait un journal en allemand et le distribuait aux troupes d’occupation, pour saper le moral des soldats et si possible, en « retourner » ou obtenir des informations. C’était une activité particulièrement périlleuse. Les femmes qui généralement faisaient se travail menaient aussi des activités d’infiltration auprès d’organismes qui travaillaient avec l’armée Allemande, pour obtenir des informations sur son organisation dans cette région. La frontière passait alors au nord d’Amiens. La région était stratégique, car elle faisait face à l’Angleterre.

 

Albert Hirsch parcourait la France pour structurer la résistance antinazie. Il fut arrêté à l’été 1942 dans la région parisienne, sous un faux nom.

 

Irma Hirsch confia alors son fils, Georg, à l’institutrice de Cazaux Debat, Andrée Fourastée, qui vint à Bordeaux chercher l’enfant.

 

En mai 1943, Irma Hirsch était arrêtée à Amiens. Les Nazis interceptèrent une carte que son fils lui adressa pour la Fête des mères. Les nazis remontèrent ainsi jusqueà Georg Hirsch, alors confié à Gaby Fisse, institutrice de Barrencoueu. Andrée Fourasté, Gaby Fisse et George Hirsch furent emmené à Amiens pour être confronter Irma Hirsch mais cette dernière ne céda pas, même en présence de son fils.

 

L’enfant fut alors confié par l’assistance publique à une famille juive d’Amiens, les Schulhof. Ces derniers rendirent visite à Irma Hirsch, en prison. Mais un jour, on leur remit l’alliance et la montre d’Irma Hirsch. Elle était partie pour « une destination inconnue ».

 

Irma Hirsch arriva à Drancy le 22 novembre 1943. Le registre des fouilles indique qu’elle remit 10 francs à son arrivée au camp de Drancy. Elle fut déportée le 7 décembre 1943 par le convoi n°64. Arrivée à Auschwitz, elle fut envoyée directement à la mort, dans la chambre à gaz, avec 660 autres personnes. Selon un témoin, elle aurait pri dans ses bras un enfant qui pleurait, et ainsi assimilé à une mère de famille. Elle avait 33 ans.

Irma et Georg Hirsch à Paris en 1941

Irma et Georg Hirsch à Paris en 1941

Andrée Fourasté était l’institutrice de Cazaux-Debat quand arrivèrent les Autrichiens. Elle se dévoua pour eux, facilitant les démarches. Elle alla jusqu’à louer pour l’un de leur chef un appartement à Bordeaux, et c’est elle qui alla récupérer Georg hirsch pour le mettre à l’abri dans les Pyrénées. Pour cela, elle fut déportée à Buchenwald.

Elle agit avec l’aide de son amie, Gaby Fisse, qui mit en place tout un raiseau d’aide. C’est ce réseau qui avait en charge le jeune Pierre Spiegel en mai 1943 à Labarthe de Neste.

Les soeurs Lacaze

Après la guerre, les femmes obtinrent le droit de vote et un statut égal à celui des hommes. Jeanne Lacaze devint ainsi chef de l’exploitation agricole des Lacaze à la mort de son père.

 

Depuis toute petite, elle avait aidé ce dernier, chargée des travaux les plus pénibles dans des champs reculées. Jusque à la toute fin de sa vie, elle oeuvra sans relâche pour la renommée de la maison Lacaze. Ses vaches, ses prés étaient parmi les mieux entretenus de la vallée.

 

Elle continua son dur métier même après le décès de sa jeune sœur, Hélène, avec le soutien de sa sœur ainée revenue au village, Eulalie.

Jeanne Lacaze et ses vaches

Jeanne Lacaze et ses vaches

En 1983, Eulalie Lacaze était élue deuxième adjoint au Conseil Municipal. C‘est elle qui œuvra pour que les cloches de l’église sonnent l’heure pour réveiller un peu le village endormis.

 

Une femme maire de Cazaux - Debat

De 2008 à 2014, le maire de Cazaux –Debat fut une femme, Françoise Buisson. C’est sous son mandat que fut posée la plaque qui rappelle l’action des Autrichiens et de Jeanne Monacelli au village, et Iinstallée la stèle à la mémoire des travailleurs vietnamiens au lieu-dit « clairière des Annamites ».

Françoise Buisson à l'inauguration de la stèle des annamites, en présence de la représentante de l'Ambassade du Viêtnam

Françoise Buisson à l'inauguration de la stèle des annamites, en présence de la représentante de l'Ambassade du Viêtnam

Le village a aussi compté quelques personnages féminins pittoresques.

Joséphine Verdier était gardienne de chèvres. On voit encore les ruines de sa grange lorsque l’on monte au rocher de la Pène.

Les ruine de la bergerie de Joséphine

Les ruine de la bergerie de Joséphine

Elle habitait au-dessus de la mairie actuelle, et par là, était informée de toutes les nouvelles du village et d’ailleurs, impulsant aux informations un souffle puissant. Elle chantait haut et fort à l’église, couvrant généralement de son filet de voies ses amies, mesdames Bégué ou Lacaze.

Joséphine Verdier descendant du clocher de l'église

Joséphine Verdier descendant du clocher de l'église

Enfin, Marie Louise Superie.

 

Elle avait hérité de la maison des Carrère, dans la rue du même nom. Cela n’avait pas dû être toujours le cas, mais elle était vieille, entre 80 et 100 ans. La maladie l’avait courbée presque à angle droit, et pour conserver l’équilibre, elle s’appuyait sur un bâton.

 

En plus d’être cassée en deux, elle avait perdu beaucoup de dents, avait le menton qui avançait et un nez présent. Les enfants du village l’appelaient « la sorcière » et sa paisible maison de la Carrère, l’une des plus belles du village, était donc appelé la « maison de la sorcière ». D’ailleurs, les preuves s’accumulaient : il y avait toujours devant chez elle un tas de chats maigres des plus sauvages qu’elle nourrissait ; il ne fallait pas boire l’eau de la fontaine qui coulait devant la porte de sa maison…

 

Elle en jouait : c’est souvent que, lorsque l’on passait devant chez elle, lentement car la carrère est une rue fortement en pente, elle balayait le pas de sa porte avec son vieux balais de paille.

 

Un jour, rentrant de l’école, j’appris la mort de Marie-Louise : elle était tombée dans le feu ! CQFD, finir brulée comme Jeanne d’Arc, c’était bien la preuve… On me l’a dit pourtant, c’était une très brave femme (qui avait la langue bien pendue !), une amie de la famille, voire une parente, il ne faut pas se fier aux apparences, etc. Comme Jeanne d’Arc, elle eut droit en quelque sorte à son procès en réhabilitation. Mais quand même…

commentaires

fouga 08/03/2016 10:49

Bonjour
Très intéressent la résistance de Cazaux-Débat.
Le boulanger Fourasté qui faisait les tournées dans les Années 60 et qui venais chassé les perdrix à Aulon, avait quel lien de parenté avec l'institutrice

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